Projets
Résultats des projets menés par le CTIFL et ses équipes

Adaptation de filets insect-proof sur des vergers de cerisier en gobelet

Dates du projet
De : Janvier 2023
À : Décembre 2024
Porteur interne du projet
Thématique
Espèces travaillées par le CTIFL

Description du projet

Depuis l’officialisation de sa présence en France en 2010, Drosophila suzukii pose de sérieux problèmes aux producteurs de cerise et menace fortement la pérennité de la filière. L’arrivée de ce ravageur invasif a provoqué une augmentation des traitements insecticides sur les cultures de cerisiers, espèce auparavant peu traitée : en quelques années, le nombre de passages insecticides sur fruit est passé d’un traitement (pour Rhagoletis cerasi, "la mouche de la cerise") à entre quatre et cinq traitements. 

Alors que les pesticides font l'objet d'études visant à produire avec des options chimiques immédiates, d'autres pratiques sont essentielles au développement d'un programme intégré de lutte antiparasitaire. Parmi les méthodes alternatives testées qui ont pu être étudiées, la méthode de la barrière physique est celle qui présente les meilleurs résultats et le plus d’intérêt à l’heure actuelle. 
Bien que cette approche à fort investissement et intensité de main-d'œuvre ne soit pas la plus aisée à mettre en place, elle pourrait offrir une alternative non pesticide aux exploitants.

Cette barrière physique se prête davantage à une conduite palissée, et a d’ores-et-déjà été testée avec succès en ce sens. Cependant, à l’heure actuelle, en France, les vergers sont pour la plupart conduit en gobelet. Cet essai vise donc à étudier la possibilité technique et économique de mettre en place une couverture avec filets insect-proof sur un verger existant en gobelet.


L’objectif principal de ce projet est donc d’étudier d’une part la faisabilité technique d’une couverture insect-proof sur gobelet traditionnel tout en vérifiant son efficacité et les conséquences éventuelles sur la production des arbres et la qualité du fruit (poids moyen du fruit, effets secondaires de maladies), et d’autre part de réaliser une analyse technico-économique afin d’en déduire la pertinence ou non de transférer cette méthode chez les professionnels. Cette analyse technico-économique devra permettre d’observer les coûts de production des systèmes couverts (Monoparcelle et Monorang) en comparaison à des vergers traditionnels. 


Résultats

L’adaptation de filet insect-proof à un verger traditionnel en gobelet est une possibilité envisagée par les producteurs qui ne souhaitent pas investir dans une nouvelle plantation.

En termes de matériel végétal, le choix de variétés très répandu dans tous les bassins de production, comme Belge et Summit, permet de se situer dans des conditions proches de la réalité. Le désavantage est toutefois une certaine sensibilité de Summit aux hivers doux qui impacte parfois sa production. Il faut donc bien choisir son matériel végétal avec une variété productive et surtout régulière afin d’assurer l’amortissement de l’installation sous filet.


Côté conduite, cette expérimentation montre qu’après une taille sévère (avec lamier), les arbres retrouvent dès la deuxième année un niveau de charge habituel. La végétation et la charge fruitière se répartissent différemment avec davantage de re-percements dans le centre de l’arbre.


Sur l’aspect filet, l’efficacité de protection face à D.suzukii est incontestable et permet une plus grande souplesse à la récolte. En fonction des conditions météorologique, la différence entre le mono-rang (non bâché) et le mono-parcelle se fera sur la pression monilia.